AIRMED : Transport de prélèvements biologiques par drone
Et si le futur de l’analyse de biologie médicale passait par les airs ?
C’est ce qu’étudie le CHU de Rouen, en partenariat avec Normandie AeroEspace (NAE), le CEVAA et Delivrone.
Avec le soutien de la Métropole de Rouen
Le projet est financé par la Métropole de Rouen via le dispositif TIGA (Territoire d’innovation à grande ambition).
Transport de prélèvements médicaux en drone
L’hypothèse du transport des prélèvements biologiques par drone fait actuellement l’objet d’un grand intérêt dans le secteur de la biologie médicale et des hôpitaux. Le transport des prélèvements vers les plateaux techniques centralisés d’analyse est réalisé traditionnellement par voie routière. Cependant, les contraintes de circulation, de délais et d’empreinte carbone amènent à envisager d’autres solutions, telles que les drones.
Par ailleurs, pour tout transport biologique, deux paramètres doivent être préservés : la température et la bonne conservation de l’échantillon prélevé.
Il comporte notamment deux paramètres techniques à examiner : le risque de détérioration des échantillons induit par les vibrations du transport et la potentielle gêne acoustique pour la population.
Étude du projet avec AIRMED
C’est dans ce contexte que le projet AIRMED a vu le jour pour étudier la faisabilité du projet. L’objectif : démontrer la faisabilité technico-économique et environnementale d’un service de transport médical d’urgence par drone en zone urbaine, reproductible à l’échelle d’autres territoires.
Le cas d’usage déployé consiste à transporter des échantillons biologiques par drone sur 4,5 km entre deux sites du CHU de Rouen : Saint-Julien et Charles Nicolle.
Les bénéfices attendus sont :
- Réduction du temps de transport des échantillons de 45 min à 10 min
- Suppression de 8 allers-retours réalisés par transport terrestre
- Diminution notable de l’empreinte carbone grâce au passage véhicule thermique vers drone électrique
Analyse acoustique et vibratoire par le CEVAA
Afin de valider le projet, il est essentiel, d’une part, de vérifier si le transport en drone risque de provoquer une détérioration des prélèvements sanguins. D’autre part, il est nécessaire de déterminer si le drone peut occasionner une potentielle gêne acoustique auprès de la population.
Le CEVAA, centre d’expertise en vibro-acoustique du Groupe 6NAPSE, a été mandaté par NAE, pour mener l’étude acoustique et vibratoire du transport par drone de la caisse contenant les échantillons.
Impact des vibrations du drone sur les échantillons de sang
Dans un premier temps, l’objectif est de savoir si les vibrations du drone peuvent détériorer les échantillons sanguins lors des futurs transports.
Pour cela, des tests vibratoires sont menés en extérieur. Des accéléromètres sont placés sur le drone (sur la structure et dans la caisse de transport) afin de mesurer les vibrations au décollage, en vol et lors de l’atterrissage. Puis, différentes configurations de vol sont reproduites : un premier vol de croisière avec une vitesse de 65km/h à 110m de hauteur, un deuxième vol très agité pour simuler une condition de tempête à différentes vitesses à 110m, tout en comprenant les phases de décollage et atterrissage.
Dès lors, la suite de l’étude consiste à reproduire les vibrations sévérisées sur vibrateur électrodynamique avec les échantillons sanguins placés dans la mallette puis analysés. Le CEVAA reproduit alors ces conditions à l’extrême sur vibrateur.
Impact du bruit du drone auprès de la population
L’objectif, dans un deuxième temps, est de vérifier si le bruit du transport par drone d’un hôpital à un autre (de l’hôpital Saint Julien à l’hôpital Charles-Nicolle où est situé le plateau technique d’analyses biologiques) pourrait perturber la population dans la métropole. Il est donc nécessaire pour cela de réaliser des mesures acoustiques du drone dans un lieu où le bruit de fond est faible. De cette manière, le bruit généré par le drone seulement est mesurable par le CEVAA avec précision.
Ensuite, il convient de comparer le niveau de bruit du drone au bruit ambiant de la ville (d’après la cartographie du bruit de la métropole de Rouen). En effet, le but est d’observer l’impact du niveau sonore sur la population pour un engin volant à 110m de hauteur.
Partenariat
Le projet est porté par :
- NAE (Normandie AeroEspace)
- DELIVRONE, entreprise innovante spécialisée dans le transport de produits de sante par drones
- Le CHU de Rouen.
- Le CEVAA, centre d’ingénierie, essais et expertise spécialisé en analyse acoustique et vibratoire
Ce projet bénéficie du soutien financier de la Métropole Rouen Normandie.